Construire en étant enceinte ?

Il peut arriver, quand on se lance dans le projet de construire sa maison, qu’on se lance en même temps dans le projet de construire une famille. Si on est en couple bien sûr 😉 ! Parce qu’on à l’âge, l’envie, c’est le bon moment, et puis un chantier d’autoconstruction ça peut durer un moment. Du coup est-ce qu’il faut attendre la fin pour avoir ses enfants ? Ou peut-on combiner les 2 et vivre sa grossesse sur le chantier ? Peut-on construire en étant enceinte ?

C’est tout l’objet de cet article et si vous vous posez la question, il est fait pour vous !

Pour cet article, une fois n’est pas coutume, nous allons écrire cet article de manière séparée, c’est à dire :

  1. le point de vue de Sarah, qui a vécu ses 2 grossesses sur le chantier. Comment ça s’est passé pour elle, ce qu’elle conseille, etc…
  2. le point de vue d’Olivier, parce que ça nous semble intéressant d’avoir le point de vu du père. (Et puis comme ça, j’ai réussi à le faire écrire😉 parce que vous allez vous rendre compte en lisant que d’habitude c’est Sarah qui rédige les articles – tout en vérifiant tous les points clés avec Olivier !)

Vous aurez donc les 2 points de vue. Avec 2 styles très différents, mais complémentaires 😃

Sachant que nous ne sommes pas du tout de profession médicale, donc tout ce que nous allons vous rapportez n’est que notre point de vue. Et nous pensons sérieusement qu’il faut d’abord bien vérifier que votre grossesse se passe de façon normale, qu’il n’y a pas de problème à signaler. Dans ce cas, voyez d’abord avec votre sage-femme/gynécologue pour être sur que c’est possible. Votre enfant est quand même plus important que votre maison !!

Sarah

Petit historique

Nous avons 2 enfants et j’ai vécu mes 2 grossesses sur notre chantier, puisque nous avons commencé la construction de notre maison l’année de ma première grossesse. Et que la deuxième a eu lieu 2 ans plus tard, quand nous étions encore en travaux. Nous avons d’ailleurs fini la dernière année de construction avec les 2 enfants en bas-âge. Cette année là je vous avoue que je n’ai pas été beaucoup sur le chantier 😉

Je n’ai pas eu des grossesses très compliquées. Je n’ai pas eu de nausées ou de douleurs ou autres désagréments. En fait, j’étais même plutôt en forme, surtout en fin de grossesse.

Sarah en train de construire en étant enceinte
Premiers mois de grossesse, ça commence à se voir.

Fatigue

J’étais quand même plus fatiguée, du coup je faisais une sieste tous les jours après le repas du midi. Nous avions aménagé un petit espace dans notre hangar (bâtiment construit avant la maison – vous pouvez revoir son histoire ici) avec un matelas. Et Olivier repartait travailler pendant que moi je dormais. Puis je le rejoignais après.

Sarah enceinte qui fait la sieste
Petite sieste ! Pas très sexy mais ça fait du bien 😄

Ce qui est bien avec cette habitude, c’est que j’ai pu la garder une fois le bébé né : en mettant le lit parapluie à côté de mon matelas, on faisait la sieste tous les 2 😉 .

Maman et bébé qui font la sieste côte à côte
Photo pour le plaisir 😉

Changements corporels

Je devais aussi faire plus attention sur le chantier à ma façon de circuler. En effet mon ventre devenait plus gros et je n’avais pas l’habitude. Du coup il m’arrivait de frotter contre des bouts de bois posés à ma hauteur, ou d’avoir du mal de passer dans certaines endroits un peu étroits… Parce que en tant normal je serais passée sans problème et que je n’avais pas intégré les changements de mon corps. Donc il faut faire attention à ça ! Et il faut aussi y sensibiliser son conjoint, surtout s’il est assez fin ! Parfois il ne laisse que des petits espaces pour passer parce que lui “ça va” sauf que vous “ça ne va plus” !!

Poutres en bois, stockées en hauteur, prêtes à être posées
Vous voyez, c’est con mais si on n’y pense pas, on passe un peu trop près de ces poutres (parce qu’en temps normal ça serait passé) et on se frotte le ventre dessus !

Attention à certaines tâches

Il y a aussi des choses que j’ai préféré éviter de faire, comme tous les travaux qui impliquaient des poutres lourdes : la pose des solives (poutres qui soutiennent l’étage), pose de la grosse poutre du sud, des pannes faîtières et intermédiaires. Pour tout ça nous avions demandé de l’aide à des amis et du coup je les ai laissés faire (avec Olivier) et moi j’ai pris les photos 😊. (Et j’ai aidé aux petites tâches bien sûr !)

Pour la pose de l’ossature de l’étage aussi, j’ai décidé de laisser Olivier finir tout seul. Parce que on commençait à être vraiment haut et je me voyais me comporter de manière assez “dangereuse”. En gros je n’avais pas vraiment peur du vide donc je ne faisais pas très attention. Et c’est ça qui m’a fait peur ! (= le fait de ne pas avoir peur). Du coup j’ai choisit de m’arrêter là pour cette année là. De toute façon nous avions quasiment fini et la grossesse approchait du terme. J’ai terminé par des tâches au sol et par préparer l’arrivée du bébé (bah oui, quand même ! 😉)

Gérer la grossesse aussi !

Parce qu’il ne faut pas oublier dans tout ça qu’il va y avoir besoin de la gérer cette grossesse. C’est à dire aller aux rendez-vous gynécologique, voir des sages-femmes, préparer l’accouchement, etc… Donc il faut bien penser à se garder du temps pour ça aussi. On ne peut pas être concentré exclusivement sur notre chantier. Surtout quand c’est le premier, parce que ça soulève beaucoup de questions quand même ! 

Moi j’ai trouvé ça bien. Ça faisait des petites pauses dans le chantier, histoire de penser à autre chose. En plus comme Olivier ne travaillait pas pour se concentrer sur la construction, il était disponible pour m’accompagner à tous les rendez-vous et ça…. c’est vraiment chouette !! 😃

Pour conclure…

Au final, le plus gênant n’est pas de construire en étant enceinte. Il suffit de quelques petits aménagements et d’être plus prudente. Le plus dur c’est de construire une fois le bébé né ! Parce que là il faut s’en occuper, être là pour lui, alors que quand il est dans notre ventre, ça se fait tout seul 😉 ! Et qu’en plus, quand il commence à se déplacer, tout d’un coup vous le retrouver en train de monter sur l’échelle pour vous rejoindre sur l’échafaudage !!! (Remarque, il a été assez vite à l’aise avec les échelles et les escaliers du coup 😂.)

Bébé dans sa chaise haute
Salut mon bébé ! ❤

La grossesse n’est donc pas du tout un frein à l’autoconstruction. Si elle se passe bien, que vous restez à l’écoute de vous, de vos besoins, que vous faites peut-être un peu plus attention que d’habitude, elle ne vous empêchera pas de participer et de profiter de votre chantier. Et vous pourrez ensuite raconter à votre(vos) enfant(s) qu’il(s) étaient là quand vous avez construit la maison, qu’ils ont participé ! 😃😉

Olivier

Aborder la grossesse

De nos jours l’arrivée d’un enfant pendant la période de construction peut être choisie, programmée, datée. Ce n’était pas le cas avant les moyens de contraception modernes et pourtant les populations avant vous ont toujours construites. Donc, à mon avis, ce n’est pas le facteur, ni la cause du succès ou de l’échec de votre autoconstruction.

Avec le recul, je peux juste vous dire en tant que papa, que votre cerveau trouvera tout seul des avis favorables ou énormément défavorables, selon que vous soyez négatifs ou positifs dans la vie. “Chouette, mon verre est à moitié rempli d’eau” ou bien “fait chier, mon verre est à moitié vide”.

Par exemple si vous choisissez de programmer une grossesse pour la fin du chantier, vous pourrez vous vanter d’avoir su gérer ce facteur comme il faut. “On est suffisamment occupés avec le chantier, j’ai envie de me consacrer pleinement à la venue du bébé” !

Si ce n’était pas programmé, que les habitudes de travail en couple se trouvent perturbées, vous allez peut être avoir un petit coup de mou, de démotivation, un sentiment d’abandon. Mais ce sera temporaire car, au final, je vous assure que de construire un petit nid douillet pour vous, votre femme et le futur bébé va démultiplier votre motivation et votre efficacité !

Sur le chantier

Construire au féminin, je suis pour et j’ai totalement confiance en elles ! Même enceinte. Pourquoi ? Parce qu’elles ne sont pas en sucre et donc solubles à l’eau de pluie. Elles ne sont pas fragiles comme du cristal. Elles ne sont pas bêtes et la grossesse ne les rend pas plus bêtes. Et surtout, quand elles sont enceintes elles sont en très grande connexion avec leur corps et leurs ressentis. Donc si quelque chose ne va pas, faites leur confiance, elles s’écouteront parce qu’elles ont pris l’habitude depuis le début de la grossesse. Et changeront, le diront, s’arrêteront si ce n’est pas bon pour elles.

Vers la fin de la grossesse et l’arrivée du bébé (encore plus quand vous avez déjà un enfant !)

Construire enceinte ce n’est pas que les 12 travaux d’Hercule. Lorsque la grossesse avance, madame peut participer au chantier en se spécialisant plus dans les tâches administratives :

  • choix et commande des matériaux
  • relance des artisans
  • date d’intervention
  • dessin de plans
  • lire des blogs
  • faire la cuisine, le ménage… 😉

Sérieusement, moi après plusieurs jours de chantier, il m’arrivait de devoir faire 1/2 journée d’administratif pour que le déroulement ultérieur du chantier se passe bien (commande matériaux, vérifier la disponibilité des potes pour telle ou telle tâche, retourner pour la 1000ème fois aux services urbanismes…). Si madame peut le faire avec bébé, moi au boulot !

Cela va aussi vous permettre de prendre le chantier en main, car lorsque madame sera en “congé maternité” c’est vous qui et seulement vous qui tiendrez le marteau. Après consultation et mise en place des objectifs avec madame, vous vous retrouverez seul pour la mise en oeuvre et c’est chouette d’assumer, d’oser faire ses choix seul et d’être convaincu que, dans la contexte de l’époque, c’était le meilleur choix pour vous.

Par exemple moi, à partir du moment où Sarah ne venait plus sur le chantier, j’ai changé mon rythme de travail. Je déteste l’attendre le matin, ça traîne, on perd du temps, on oublie un truc avant le départ. Donc, une fois seul, je faisais : le matin à 7h sur le chantier, à la fraîche, pause à 10h, déjeuner à 11h30 et la journée se termine à 16h30 pour ne pas être trop fatigué et rester motivé le lendemain. Quelle libération et motivation de pouvoir choisir son rythme !

Voilà pour ma façon de positiver sur l’événement de la venue d’un bébé que nous avons choisie. Ça m’a fait un peu drôle au début de me retrouver seul au chantier car, franchement, Sarah assure. Elle gère bien l’organisation et la lecture des plans, mais finalement, devant la nécessité, moi aussi j’en suis capable !

*Note de Sarah : pour les 3 derniers paragraphes en particulier, cela concerne principalement la 2ème grossesse (celle où on doit en plus gérer le 1er enfant en bas-âge) et l’arrivée de ce 2ème enfant. Effectivement, à partir du moment où j’ai eu les 2 enfants, je ne suis quasiment plus venue sur le chantier. Olivier a terminé la dernière année tout seul. C’est possible de construire en étant enceinte, avec 1 enfant en bas-âge, mais avec 2 ça devient extrêmement compliqué voir impossible ! Mais ça, c’est une autre histoire 😉

Preuves que l’on peut construire en étant enceinte 😉

1ère grossesse :

2ème grossesse (avec le premier enfant en plus 😉 – le fameux qui monte à l’échelle !) (photos de moins bonne qualité) :

Eloi qui monte à l'échelle
😉

Dites nous dans les commentaires ce que vous pensez de tout ça ! (A part de l’échelle bien sûr 😜)

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